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Stéphane Fargier prépare l'hôtel à insectes © L'Offre Neudorf

Stéphane Fargier, monsieur biodiversité du Port autonome de Strasbourg

Depuis 2012, le Port autonome de Strasbourg s’est engagé dans la préservation de la biodiversité avec pour ambition de concilier zone industrielle et espaces naturels. Cette tâche incombe au centre technique et d’entretien du domaine portuaire. Plusieurs agents s’y activent parmi lesquels Stéphane Fargier, en charge des espaces verts.

47 ans et originaire du Sud de la France, il vit en Alsace depuis 15 ans. Il a été aménageur des chemins de randonnée des hautes et moyennes montagnes à Grenoble, puis paysagiste dans le secteur privée. C’est au Port autonome de Strasbourg que Stéphane Fargier, amoureux de la nature, a décidé de poursuivre sa carrière au centre technique du port, où son implication, ses idées, son dynamisme l’ont conduit au poste de superviseur de l’entretien des espaces verts du domaine portuaire.

Le centre dédié à l’entretien du domaine portuaire

Le domaine portuaire s’étend sur une superficie de 1000 hectares de terre et d’eau dont une partie occupée par 320 entreprises. Ce sont ainsi des routes, des espaces verts, des voies navigables, des ouvrages d’art, des écluses, des voies ferrées et même un parc automobile qui doivent être entretenus au quotidien par le centre technique. Le service dédié à l’entretien du domaine portuaire est constitué de 19 agents : mécaniciens, agents polyvalents, techniciens et conducteurs d’engins, menuisier et une équipe d’agents des espaces verts dont fait partie Stéphane Fargier. Sa mission ne se limite pas qu’au simple désherbage ou à la taille de haie. Il s’est engagé à protéger et à développer la biodiversité à travers plusieurs actions.

Du désherbage sans produits phytosanitaires …

Réduire l’usage des produits phytosanitaires pour le désherbage est l’une des actions qui a été rapidement mise en place. Le domaine portuaire compte plus de 2200 arbres à entretenir et 108 hectares de terrains à tondre ou à faucher. « Malgré notre objectif de réduire considérablement l’usage des produits phytosanitaires pour le désherbage, il y a des endroits comme les voies ferrées où nous sommes contraints d’utiliser des désherbants », explique Stéphane Fargier. Grâce à cette démarche zéro pesticide, le centre technique a obtenu la distinction « Espace Nature » niveau 2, matérialisé par deux libellules. Il fait donc partie aujourd’hui des centres gestionnaires d’espaces qui ont diminué d’environ 70% la quantité de produits chimiques utilisés pour l’entretien des espaces verts. Selon Denis Edel, Responsable du centre, le Port autonome de Strasbourg est la seule zone industrielle récompensée en Alsace.

… à la création d’hôtel d’insectes.

L’une des méthodes également employée par Stéphane et ses équipes consiste à « laisser venir la végétation. Ce n’est pas parce que vous voyez l’herbe qui déborde qu’il faut penser que le site n’est pas entretenu ». Il collabore avec des associations qui prônent l’élevage de plantes locales pour lutter contre les plantes invasives. Avec la végétalisation, différentes espèces vont cohabiter. C’est dans ce but qu’une haie vive et champêtre a été implantée rue de la Minoterie pour faire une rupture végétale entre les différentes activités du port. « Ce sera un refuge et lieu de nourriture pour les insectes et les oiseaux ».

L’un des hôtels à insectes du domaine portuaire. © PAS

En attendant la création de nouvelles prairies champêtres, Stéphane et ses collègues ont imaginé, construit et implanté des hôtels à insectes. 8 sont déjà opérationnels et disposés dans certains lieux et une vingtaine en projet. Par ailleurs, une vingtaine de ruches ont pris place au port en 2018. La mise en place de nichoirs à oiseaux, des gîtes pour chauve-souris ou l’éco pâturage avec des agriculteurs sont déjà à l’étude.

Une démarche de traitement différencié des espaces a également été adoptée, « au lieu de tondre tout à ras, ce qui est certes plus esthétique, on laisse pousser l’herbe jusqu’à germination afin que le paysan le transforme en foin pour son bétail », explique Stéphane. C’est un projet de valorisation qui va s’étendre sur deux ou trois hectares à Strasbourg.

L’éco pâturage est également dans une phase d’étude pour la zone portuaire, un test devrait être mené au courant de l’année 2019.

« Mon but est d’aider à fleurir le domaine portuaire pour y promouvoir la biodiversité afin de montrer l’exemple, c’est notre rôle. On est conscient de l’image d’industriel pollueur qui colle encore au port. L’idée est d’encourager aussi les entreprises implantées à s’inscrire dans cette démarche et de promouvoir la continuité des différentes actions pour la préservation de la biodiversité » conclut-il.

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