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Sylvie Guthnek, « si tu cherches du travail, vas voir les entreprises très tôt »

Nous sommes allés à la rencontre de Sylvie Guthnek, 53 ans. Cela fait plus de 15 ans qu’elle tient le Pressing de l’Etoile au 48 route du Polygone à Neudorf.

Pourquoi elle a choisi Neudorf

J’étais salariée dans un Pressing lorsque j’ai décidé d’avoir ma propre entreprise. Un dimanche matin, alors que je lisais les DNA, je suis tombée sur une annonce d’un pressing à vendre à Neudorf. Je ne connaissais pas le quartier. Je me suis dit pourquoi pas ! J’ai décroché mon téléphone, je suis allée sur place.
C’est comme ça que j’ai découvert Neudorf pour la première fois. L’emplacement était idéal, près du centre-ville, près de l’Allemagne, pas loin de chez moi parce que j’habitais à l’époque à une quinzaine de minutes de Strasbourg. Ça a été un vrai coup de cœur. Quand je suis arrivée, je me suis garée, j’ai regardé l’intérieur du pressing à travers la vitre. Je me suis dit : « celui-là, il me le faut ».  La vente s’est faite très rapidement. Je n’avais même pas eu le temps d’être au chômage, je suis passée de salariée à chef d’entreprise en quelques semaines. J’ai ouvert le Pressing de L’Etoile le 3 novembre 2003.

Son endroit préféré

Quand je me suis installée, je trouvais le quartier sympa, il me plaisait beaucoup. En 15 ans, j’ai vécu pas mal de changements. Avec l’urbanisation les mentalités ont changé, je retrouve moins l’esprit village d’antan. Heureusement qu’il y a encore des anciens du quartier pour nous le rappeler. Je regrette un peu toutes les constructions surtout quand je pense aux personnes qui ne peuvent plus se garer autour du cimetière lorsqu’elles viennent rendre visite à leurs proches décédés. Mais c’est notre quartier, on l’accepte avec ses changements.

Ce qui l’a marqué au moment de son installation

Mes six premiers mois à Neudorf ont été très difficile. Les habitants étaient méfiants. Ça faisant quand même plus de 30 ans, si mes souvenirs sont bons, que le pressing existait. Passer d’une propriétaire à une autre, c’était un changement difficile à accepter pour les habitants. Cet épisode m’a permis de m’affirmer, de montrer mes compétences, mon savoir-savoir, de me faire une clientèle. Je me suis faite toute seule. J’ai résisté, les Neudorfois ont fini par m’accepter et je suis encore là. Cette expérience m’a forgé et j’en suis très fière.

Ses centres d’intérêts

J’aime promener mon chien. Je le fais en moyenne trois fois par jour. J’adore ne rien faire, juste me poser, ça repose vraiment l’esprit. Il peut m’arriver de faire des sorties avec des amis de temps en temps. Mais ma passion reste mon métier, sinon je n’aurais pas fait 35 ans dans la même branche.

Le métier de ses rêves

Je n’avais jamais rêvé de faire carrière dans un pressing. J’avais juste envie de travailler et de me rendre utile. J’ai eu une première expérience comme vendeuse dans un magasin de chaussures mais je n’ai pas accroché. Ensuite je me suis intéressée aux pressings car j’adorais repasser. J’étais attirée par l’odeur spécifique des produits qui s’y dégageait. J’étais déterminée à trouver un emploi dans un pressing et mon papa m’avait dit : « si tu cherches du travail, vas voir les entreprises très tôt ». J’avais à l’époque 15 ans et demi, je m’étais fixée pour objectif de trouver du travail dans un pressing. Tous les matins, je sillonnais à vélo les rues de Lingolsheim, Ostwald et Illkirch et je me présentais à tous les pressings. C’est ainsi que j’ai eu mon premier contrat.  Pendant 23 ans j’ai été salariée dans un pressing.

Être entrepreneure c’est …

Un investissement important et parfois lourd. Il faut être bonne gestionnaire. La gestion c’est l’une des compétences les plus importantes car j’ai vu des entreprises faire faillite à peine un an après leur ouverture. Ça demande également beaucoup de temps surtout quand on est seule. Je ne compte plus mes heures. Il m’arrive parfois de travailler le dimanche pour être sûre de respecter les délais que je donne à mes clients.

Son rituel quand ça va mal

Quand je sens une baisse de motivation, je me répète intérieurement : « tu es la plus forte, tu es une battante, tu es une gagnante »

Son mot de fin

J’aimerais qu’il y ait plus de relationnel et qu’on puisse mieux travailler ensemble aussi bien avec les habitants que les commerçants.

Pressing de L’Etoile
Tel : 03 88 34 46 97
Horaires :
– Lundi, mardi, jeudi, vendredi de 8h à 12h et de 14h à 18h30
– Samedi de 8h à 12h

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